Ce qui se cache derrière la gratuité

Plusieurs services nous sont offerts gratuitement et nous les prenons pour acquis. On s’interroge rarement sur les raisons de cette gratuité. Qui a décidé que nous étions parmi les heureux élus. Pourtant comme disent les anglophones « There is no free lunch ». Quelqu’un quelque part doit payer pour que nous puissions jouir d’un service gratuit.

La gratuité on la voit partout autour de nous… l’éducation primaire et secondaire, l’accès aux routes, les soins médicaux, l’accès à la piscine municipale, les logiciels libres, certains textes gratuits, certains spectacles, les livres à la bibliothèque, etc. La liste pourrait s’allonger encore longtemps. Chaque fois que vous profitez de l’un de ces services vous demandez vous qui a payé en bout de ligne? Probablement jamais.

Connaître la provenance d’un service gratuit nous permet au moins d’avoir de la gratitude et dans certains cas de mettre la main à la poche pour le conserver gratuit.

Dans le cas des services publics, c’est facile. S’ils sont gratuits c’est que vous et moi payons des impôts et des taxes. Haro sur ceux qui les esquivent, ils profitent des services sans faire leur part. On trouve encore beaucoup de gens fiers de ne pas ou de payer peu d’impôts. Le nouveau président américain fait partie de ceux-là. Cette gratuité là est facile à maintenir, il suffit soi-même de payer ses impôts et de faire pression pour que les resquilleurs le fasse, fussent-ils de grandes corporations. Vous seriez surpris de voir le nombre de compagnies importantes, déclarant des profits qui arrivent à ne pas payer un sou d’impôts.

Passons aux services sociaux offerts aux personnes plus démunis que nous. Qui finance la Maison du Père pour l’hébergement des itinérants, les maisons d’accueil pour les femmes violentés, les activités de loisirs de nos jeunes, les repas gratuits pour certaines clientèles, etc. Ici aussi, la liste pourrait s’allonger indéfiniment. Qui finance? Encore nous! Mais cette fois, au contraire des impôts, c’est de contribution volontaire et libre qu’il s’agit. Nous avons vu, pour la plupart d’entre nous, nos parents faire des dons réguliers à plusieurs organismes « charitables », s’abonner aux revues missionnaires et donner pour les missions. Notre génération n’a pas toujours suivi cet exemple. C’est dommage, cela met en péril bien des services gratuits que l’on tient pour acquis.

Vous savez que depuis des années je vous rebats les oreilles avec les logiciels libres et plus récemment avec les ressources (images, musique, textes, etc.) libres. Comme bien des gens, au début je me contentais de prendre sans vraiment m’interroger sur la raison pour laquelle on me les offrait gratuitement. Avec le temps, j’ai compris que ces personnes généreuses qui me founissaient Linux, Gimp, LibreOffice, Wallabag, WordPress, Wikipedia, Framasoft etc. devait manger tous les jours… J’ai alors vu le petit lien sur plusieurs de ces sites proposant un don. Tiens, tiens on pouvait aider à maintenir cette gratuité.

J’ai pris l’habitude de donner de temps à autre, un petit 5 $ ou un 10$, rarement plus. J’aime mieux répartir le petit budget que j’attribue à ces dons. Je les appelle MES revues missionnaires modernes en hommage à mes parents. Je me propose de faire un petit relevé de ce que j’ai donné jusqu’ici pour m’assurer que je participe en proportion de mes capacités.

Récemment (l’an dernier) j’ai pensé être capable de faire mieux en m’engageant à un don récurrent. Une contribution qui sort automatiquement de votre poche tous les mois.  J’admire depuis longtemps ce que Framasoft accomplit pour l’univers du libre. C’est donc là que j’ai fait mon premier don récurrent. Je suis fier de faire partie des 700 personnes qui ont fait la même chose.

Bref je vous encourage, vous aussi, à réfléchir à la gratuité. Vous deviendrez fier de payer vos impôts et vos taxes. Du fait même vous serez un électeur éclairé qui surveille de près ce qu’on fait avec son argent. J’espère aussi que vous déciderez, dans la mesure de vos moyens, de soutenir certains services gratuits auxquels vous tenez.


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2 réponses à Ce qui se cache derrière la gratuité

  1. Paul Cotte dit :

    Que faire pour ne pas avoir de gratuité?

  2. Marcel Cotte dit :

    Merci de ce rappel. Tu est un excellant vulgarisateur mon frère.

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