Un conseil pour tous les partisans du libre

J’ai eu vent de plusieurs cas où des écoles (des polyvalentes surtout) avaient décidés de passer à OpenOffice ou , pire ;-), à Linux en même temps qu’à OpenOffice. Chaque fois, les responsables ont été confrontés avec la grogne des enseigants. Ce qui ne me surprend pas du tout. C’est ce qui arrive quand on met la charrue avant les boeufs.

Le CD Colibris (du moins dans mon esprit à moi) a été conçu pour palier à cette grogne. Il est destiné à équiper les ordinateurs personnels à la maison des enseignants et des élèves. En effet, si l’école adopte avant les profs ces solutions libres, c’est elle qui reçoit les pots…

Une démarche à suivre est celle utilisée pour les images libres de droits par Carrefour éducation. En effet, au départ, les enseignants et les écoles étaient certaines qu’il suffisait de trouver des images sur le Web et de les utiliser. Ce sont les dossiers de Carrefour qui ont semé le doute dans l’esprit des enseignants. En leur expliquant simplement le droit d’auteur, ils ont réalisé qu’ils étaient dans l’illégalité. Or, aucun enseignant n’est foncièrement malhonnête et surtout , aucun ne veut être accusé d’avoir fait la promotion de l’illégalité auprès de ses élèves. Finalement, ce sont eux, les enseignants, qui ont poussé dans le dos de Carrefour pour qu’il leur offre des alternatives légales…

On peut, et on doit, appliquer la même recette pour le libre. Quand les enseignants réaliseront que presque tous les logiciels de leur ordinateur personnel sont illégaux, cela les rendra assez mal à l’aise pour qu’ils réclament le CD Colibris 😉

Après, ce sera un jeu d’enfant pour l’école d’implanter OpenOffice ou d’autres logiciels libres car ce sera les enseignants eux-mêmes qui l’auront réclamés… 😉

Une campagne d’information (j’allais écrire de culpabilisation ;-)) doit être mené plusieurs mois avant l’implantation d’OpenOffice sur les ordis de l’école.

Je termine avec la citation suivante de la dernière « Michael’s Minute » :

« If a user gets familiar with OpenOffice.org and Firefox on Microsoft Windows, then it’s just a baby step to desktop Linux, where those same applications work well and are often standard. These cross-platform tools will help smooth the way for desktop Linux migration. »

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4 réponses à Un conseil pour tous les partisans du libre

  1. Je te l’ai déjà dit, je crois, je ne suis malheureusement pas d’accord avec la technique des petits pas :o( Je crois que ça ne marchera pas (mieux en tout cas).

    Aurais-tu des exemples de gens qui utilisaient des LL sous Windows qui sont passé à Linux par la suite?

    De plus, es-tu certains que ce soit Linux qui a fait crier les profs? Ou c’est le manque de support? Car partout où je vais les gens crient à propos de Windows, on ne dit pas d’enlever Windows pour autant ;o)

    Je compare ça à la réforme de l’éducation et le bungee (cette comparaison n’est pas de moi), tant que je n’ai pas sauté au bout de la plate-forme, je n’ai toujours pas fait de bungee! Et ce même si je fais des petits pas pour me rendre au bout. Le logiciel libre est un autre paradigme (comme dans la réforme), je ne peux pas être pour un jour et contre le lendemain.

    Mais bon, ce n’est que de l’informatique ;o)

  2. André Cotte dit :

    J’ai commencé à te répondre en commentaire mais ma réponse était tellement longue que j’en ai fait un billet.

    Je commence à comprendre, Pierre, ce que me disait Clément à propos des carnets. « Ce sont les commentaires des autres qui nous permettent d’ajuster notre réflexion ». Donc merci de me permettre de préciser ma pensée.

  3. Technique des petits pas? je ne crois pas qu’il existe de meilleure méthode. Il faut se souvenir que l’usager se sert de son ordinateur pour les _applications_. Rien à cirer si c’est GNU/Linux, Windows, Mac, BSD en dessous, un peu comme l’automobiliste ne fait pas de cas avec la marque du moteur de ses essuie-glaces.

    Prenez l’utilisateur Windows habitué à ses bébelles, changez tous ses logiciels d’un coup. Choc total équivalent à passer à Mac ou à BeOS. On pourrait pas blâmer l’utilisateur Windows de se sentir perdu. Veut-on faire subir ce choc aux utilisateurs prêts-à-passer-au-libre? certainement pas. La première impression que ça va donner: « Ça marche pas comme je suis habitué, c’est pas bon ».

    Avec l’approche à-petits-pas, l’utilisateur s’approprie à son rythme Firefox, OpenOffice, Thunderbird; une fois qu’il est habitué, changer l’OS en-dessous n’a plus le même impact: un utilisateur de FF ou OO habitué peut s’en servir peu importe la plateforme. Bien le dernier de ses soucis de savoir si l’application parle à Linux ou au noyau Windows.

    Je ne crois pas que l’on peut gagner les masses en parlant de « philosophie du libre ». L’utilisateur moyen se sent impuissant face à la grosse machine beige, qu’on lui donne des sources ou non. Qu’est-ce qui fait qu’un artiste tend à utiliser un Mac plutôt qu’un PC? c’est l’OS? c’est le processeur? Nah… les applications. Si GNU/Linux vient à dépasser considérablement les fonctionalités des concurrents propriétaires, la migration se fera toute seule.

    Dire que l’approche à petits pas ne fonctionne pas, c’est miser sur le taux de conversion instantané Mac/Windows (car pragmatiquement c’est la même chose). Vous en connaissez beaucoup, des gens qui sont passés d’un côté à l’autre?

  4. André Cotte dit :

    Inutile d’ajouter que je partage l’opinion de Patrice… 😉

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