Un ami vient de me remettre une copie d’une lettre ouverte adressée, en 1974, à Paul Gérin-Lajoie, alors président de l’ACDI. À la relecture, je constate que j’avais la dent dure à l’époque. La diplomatie n’avait pas encore fait son nid dans ma personnalité. Comme il était le président de l’ACDI, je le tenais responsable pour les agissements de ses troupes.
Je tiens à préciser que j’ai beaucoup de respect pour M. Gérin-Lajoie qui nous a prouvé par la suite qu’il était homme de coeur et d’action.
Cette lettre fut reprise par le journal La Presse et aurait (m’a-t-on dit) fait le tour des ambassades du Canada en Afrique. Une bonne partie des critiques formulées dans la lettre sont probablement encore vraies aujourd’hui.
J’ai parlé à l’occasion d’ACTA pour dénoncer cet accord négocié en secret, dans le dos des citoyens, par une douzaine de pays développé. La vidéo qui suit est certes un peu alarmiste mais elle représente jusqu’ou peut aller un tel accord si on pousse la logique des ententes signées.
Je crois vraiment qu’il faut s’opposer à l’ACTA autant pour le contenu de l’entente que pour la façon antidémocratique de sa négociation.
Vous connaissez probablement la chanteuse Angélique Kidjo et l’humoriste-animateur Boucar Diouf. Imaginez-les à une même table placotant durant deux heures. C’est exactement ce que l’émission L’autre midi à la table d’à côté de Radio-Canada nous offre. Et heureusement, en balado pour écouter où cela nous chante. Je l’ai fait sur la route 20 entre Montréal et Québec.
Oubliez les métiers de nos deux complices. Leur conversation touche autant à la vie courante en Afrique qu’à la nécessaire intégration des immigrants. La profondeur de certains de leurs échanges frôle la philosophie. On y fait aussi l’apologie de la langue française et on découvre un Boucar plus québécois que bien des québécois. Malgré le sérieux de certains sujets abordés, l’humour n’est jamais bien loin.
L’émission tient sur deux balados d’un peu moins d’une heure chacune.
Ceux qui ont suivi mon carnet savent que ce sujet me préoccupe beaucoup. La plupart des gens ne sont pas des climato-sceptiques et comprennent que l’humanité est en danger. Jusque là ça va. Par contre quand on regarde ce qu’ils font pour y remédier, cela se gâte. La plupart ne font rien, d’autres posent des gestes plutôt symboliques (moi le premier), et une toute toute petite minorité comprend qu’il faut vivre autrement et s’essaie à la simplicité volontaire.
Parmi ces derniers, on comprend que la croissance économique à tout prix est le grand fautif. On l’a répété à satiété, notre planète ne peut plus supporter le niveau d’exploitation de ses ressources que nous lui faisons subir. Il faut absolument remplacer la croissance par une décroissance suivie d’une croissance nulle. C’est de cela que les trois segments vidéos qui suivent nous entretiennent.
Une petite heure de visionnement pour mieux comprendre la nécessité de la décroissance. Vous y constaterez que décroissance peut aussi rimer avec bonheur.
Je crois depuis très longtemps que la philosophie économique actuelle de la croissance à tout prix est condamné à l’échec puisque la planète et ses ressources ne peuvent croître. On dit que ce sont des ressources finis dans le sens qu’elles ne peuvent croître indéfiniment.
Par contre, je n’arrive pas à trouver une façon d’assurer la décroissance (ou la croissance nulle) sans augmenter la pauvreté de la majorité. La richesse d’une minorité, c’est facile, cela porte le nom de capitalisme.
Or, ce matin, je suis tombé sur un article du Monde diplomatique qui sans apporter la solution complète indique cependant qu’il y a un préalable. Il faudra sortir de l’idéologie capitaliste qui nous encourage à se « hisser au-dessus des autres ».
L’auteur, André Gorz, propose plutôt une approche où on ne produirait que ce qui » ne privilégie ni n’abaisse personne ».
Je n’essaierai pas de résumer le texte, je vous laisse plutôt le lire. L’article reproduit un article de 1974 (il était visionnaire le bonhomme) d’André Gorz.